Les études cliniques situent la sertraline parmi les antidépresseurs les plus neutres sur le poids, avec une prise moyenne d’environ 1,5 kg après deux ans de traitement, loin derrière la paroxétine ou la mirtazapine. Cette moyenne masque toutefois une forte variabilité individuelle : environ 5 à 10 % des patients connaissent une prise de poids cliniquement significative, parfois liée à une alimentation émotionnelle plutôt qu’à un effet direct de la molécule.
La sertraline peut aussi bien réduire l’appétit en début de traitement que l’augmenter par la suite, ce qui explique des expériences très contrastées d’un patient à l’autre. Toute prise de poids gênante en cours de traitement doit être signalée au médecin, qui pourra évaluer un ajustement de dose ou un accompagnement nutritionnel plutôt qu’un arrêt du traitement.
Infos à retenir
- ⚖️ Un antidépresseur parmi les plus neutres sur le poids : la sertraline est classée parmi les molécules au profil métabolique le plus favorable.
- 📉 Une légère perte d’appétit fréquente au début : les premières semaines induisent souvent des nausées passagères et une baisse de poids transitoire.
- 🥖 Le retour de l’appétit avec la guérison de la dépression : recommencer à manger normalement après une phase de dénutrition explique souvent la hausse sur la balance.
- 🧁 Le grignotage compensatoire induit par la sérotonine : à long terme, l’action sur les récepteurs 5-HT2C peut favoriser l’attrait pour les aliments sucrés.
Comment la sertraline agit-elle sur la sérotonine et sur le centre de la faim ?
Pour comprendre son comportement sur la balance, il faut observer comment cette molécule module notre cerveau limbique et notre système digestif.
La sertraline a pour fonction première de bloquer la recapture de la sérotonine, augmentant ainsi sa concentration disponible entre les synapses neuronales. Or, la sérotonine n’est pas seulement le neurotransmetteur de la régulation de l’humeur :
- Elle intervient directement sur l’hypothalamus pour envoyer les signaux de satiété après un repas complet.
- Elle tapisse à plus de 90 % les parois de notre tube digestif, influençant la vitesse du transit intestinal et les sécrétions gastriques.
- Lors des premières semaines d’adaptation, la stimulation aiguë des récepteurs sérotoninergiques digestifs entraîne fréquemment un écœurement passager, un goût métallique ou des nausées, coupant court aux envies de manger.
Ce n’est généralement qu’après plusieurs mois de traitement que les récepteurs s’adaptent : la faim revient, parfois teintée d’une attirance plus marquée pour les glucides et les sucres rapides.
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La sertraline fait-elle grossir ? Comparatif avec les autres antidépresseurs
Tous les psychotropes ne se valent pas : le risque de prise de poids varie considérablement selon la famille chimique de l’antidépresseur prescrit.
Le tableau ci-dessous confronte le profil métabolique de la sertraline face aux autres molécules couramment utilisées en psychiatrie :
| Molécule et famille d’antidépresseurs | Impact réel constaté sur le poids corporel | Mécanisme biologique principal |
|---|---|---|
| Sertraline (Zoloft – Famille des ISRS) | Globalement neutre : perte légère au début, prise minime (0,5 à 2 kg) chez un quart des patients à 1 an. | Action sélective sans affinité marquée pour les récepteurs histaminiques qui ouvrent l’appétit. |
| Fluoxétine (Prozac – Famille des ISRS) | Neutre ou légère perte de poids les six premiers mois. | Effet stimulant et coupe-faim prédominant au démarrage du traitement. |
| Paroxétine (Deroxat – Famille des ISRS) | 🔴 Prise de poids fréquente (souvent +3 à +7 kg sur la durée du traitement). | Propriétés anticholinergiques qui ralentissent le métabolisme de base et augmentent la soif de boissons sucrées. |
| Mirtazapine (Norset – Famille des NaSSA) | 🔴 Prise de poids très marquée et rapide (+5 à +10 kg fréquente). | Blocage puissant des récepteurs histaminiques H1 déclenchant des fringales nocturnes incontrôlables. |
Dans les méta-analyses médicales de référence, la sertraline ressort systématiquement comme l’un des antidépresseurs les plus sûrs et les plus respectueux de la silhouette face aux anciennes molécules tricycliques ou à la mirtazapine.
L’éclairage d’un médecin psychiatre
« Quand un patient prend trois kilos après six mois de sertraline, il accuse immédiatement la molécule. Mais dans la majorité des cas, ce n’est pas le médicament qui crée de la graisse par magie : c’est la dépression qui recule. Lorsque vous étiez prostré dans votre lit avec la gorge serrée, vous ne mangiez plus rien. En retrouvant le goût de vivre, vous retournez au restaurant, vous partagez des repas en famille et votre corps reconstitue ses réserves normales. »

Quels sont les facteurs indirects qui font grimper le poids sous traitement ?
Si la molécule elle-même ne modifie que très marginalement les dépenses énergétiques de base, elle induit des changements comportementaux notables :
- La disparition de l’angoisse motrice brûleuse de calories : l’anxiété aiguë génère une agitation nerveuse permanente et une tachycardie qui consomment de l’énergie. Dès que le médicament apaise le système nerveux, le corps se détend et consomme moins de calories au repos.
- Le soulagement des phobies sociales ou de l’agoraphobie : les patients recommencent à sortir, à prendre des verres entre amis et à multiplier les moments conviviaux arrosés ou riches en calories.
- Les fringales de glucides en milieu d’après-midi : chez certaines personnes prédisposées, la modification de la transmission sérotoninergique cérébrale induit une envie spécifique de pain, de chocolat ou de gâteaux vers 16h ou en soirée pour maintenir la sensation de bien-être.
Identifier ces petits grignotages automatiques permet d’agir dessus avant qu’ils ne s’inscrivent durablement sur la balance.
Quels réflexes concrets permettent de stabiliser son poids sans arrêter le traitement ?
Conserver son poids de forme tout en soignant son moral est parfaitement accessible avec quelques règles de routine :
Surveillez la composition de vos placards dès la mise en route de la sertraline : bannissez les paquets de biscuits industriels faciles d’accès et remplacez-les par des protéines maigres, des fruits frais et des oléagineux (amandes, noix) qui procurent une satiété durable en cas de petite fringale. Hydratez-vous abondamment avec de l’eau ou des tisanes : la sertraline pouvant donner une légère sensation de bouche sèche, le cerveau confond très souvent le signal de soif avec une envie de grignoter. Profitez du regain d’énergie procuré par la rémission psychologique pour reprendre une activité physique d’endurance régulière (marche rapide, vélo, natation) à raison de 30 minutes trois fois par semaine : le sport stimule la dopamine naturelle, optimise la sensibilité à l’insuline et neutralise toute prise de masse grasse.
Que faire si la prise de poids persiste malgré vos efforts ?
Si après plusieurs mois d’hygiène de vie rigoureuse la balance continue de grimper inexorablement, ne prenez jamais la décision d’interrompre votre traitement de votre propre chef :
Arrêter la sertraline d’un coup vous exposerait au syndrome de sevrage des ISRS (vertiges en décharge électrique, nausées, insomnies rebelles) et risquerait de déclencher une rechute dépressive sévère bien plus difficile à soigner. Prenez rendez-vous avec votre médecin prescripteur : il réalisera un bilan sanguin complet pour vérifier le fonctionnement de votre glande thyroïde (dosage de la TSH), une hypothyroïdie silencieuse étant parfois la véritable coupable. Si le lien avec la sertraline est confirmé et que la gêne corporelle devient source de souffrance, le médecin pourra adapter la posologie à la baisse ou opérer un relais progressif vers une molécule strictement neutre sur le poids, comme la fluoxétine ou le bupropion.
Foire Aux Questions (FAQ)
🤢 Pourquoi la sertraline fait-elle perdre l’appétit au cours des deux premières semaines ?
Les récepteurs à la sérotonine 5-HT3 situés dans l’estomac et dans le centre cérébral du vomissement sont surstimulés lors de l’introduction de la molécule, entraînant des nausées légères, une digestion ralentie et un écœurement réflexe face à la nourriture. Cet effet secondaire digestif est totalement transitoire et s’efface spontanément en dix à quinze jours.
⏳ Le poids perdu ou pris sous sertraline s’annule-t-il après l’arrêt du traitement ?
Oui. Une fois la phase de consolidation terminée et le sevrage très progressif de la sertraline accompli sous contrôle médical, les récepteurs sérotoninergiques reprennent leur fonctionnement physiologique naturel. Les fringales résiduelles s’effacent et le métabolisme de base se rééquilibre en quelques mois, permettant de retrouver son poids antérieur sans difficulté.
🍷 La consommation d’alcool avec la sertraline favorise-t-elle la prise de graisse ?
Oui, doublement. L’alcool associé à la sertraline majore considérablement la somnolence, diminue le contrôle de soi face aux grignotages nocturnes riches en graisses et en sucres, et apporte des calories vides qui s’accumulent directement au niveau de la sangle abdominale. Il est vivement recommandé de limiter drastiquement l’alcool pendant toute la durée du traitement.









