Un emphysème paraseptal localisé aux apex correspond à une destruction limitée des parois alvéolaires en périphérie du poumon, juste sous la plèvre, le plus souvent liée au tabagisme. Cette découverte au scanner n’est pas directement corrélée à la gravité fonctionnelle réelle : c’est la spirométrie, et non l’aspect des images, qui détermine si la fonction respiratoire est réellement altérée. Sa localisation sous-pleurale expose toutefois à un risque spécifique de pneumothorax spontané en cas de rupture d’une bulle, ce qui justifie de consulter en urgence en cas de douleur thoracique brutale ou d’essoufflement soudain. L’arrêt complet du tabac reste la mesure la plus efficace pour freiner l’évolution de ces lésions. Un suivi régulier par un pneumologue, avec contrôle de la fonction respiratoire, permet d’adapter la prise en charge selon l’évolution réelle.
Ce qu’il faut retenir
- 🫁 Une altération localisée des alvéoles : destruction des cloisons alvéolaires le long de la plèvre au sommet des poumons.
- 🚭 Le tabagisme comme cause principale : l’inhalation de fumée fragilise les tissus pulmonaires périphériques.
- 💨 Le risque majeur : le pneumothorax spontané : la rupture d’une bulle d’emphysème laisse l’air s’échapper dans la plèvre.
- 🛑 L’arrêt du tabac stoppe l’évolution : stopper la fumée fige les lésions et préserve la capacité respiratoire restante.
Que signifie exactement la notion d’emphysème paraseptal des apex ?
Pour comprendre cette formule radiologique, il convient de décomposer les termes anatomiques employés par le médecin radiologue.
Les trois notions clés se définissent ainsi :
- L’emphysème pulmonaire : correspond à une destruction anormale et permanente de la paroi des alvéoles pulmonaires, formant de petites poches d’air élargies où les échanges d’oxygène se font moins bien.
- La localisation paraseptale (ou sous-pleurale) : indique que ces petites bulles se situent à la périphérie immédiate du poumon, le long de la plèvre (la membrane qui enveloppe les poumons) et des septums conjonctifs.
- La zone des apex (les sommets) : désigne la partie la plus haute des poumons, située juste sous les clavicules, là où la pression mécanique et la gravité étirent le plus le tissu pulmonaire.
Contrairement à l’emphysème centrolobulaire qui détruit le centre du tissu pulmonaire chez les grands fumeurs atteints de BPCO, l’emphysème paraseptal forme une rangée de petites bulles en bordure externe des sommets sans forcément altérer l’ensemble du volume respiratoire.

Quelles sont les causes à l’origine de la formation de ces bulles aux apex ?
L’apparition de lésions d’emphysème sous-pleural découle de facteurs mécaniques, environnementaux ou génétiques bien répertoriés en pneumologie.
Le tableau ci-dessous classe les causes de l’emphysème paraseptal et les profils de patients les plus concernés :
| Origine ou facteur de risque | Mécanisme d’action pulmonaire | Profil type et manifestations cliniques |
|---|---|---|
| Tabagisme actif ou ancien (Cigarette, joints) | Inflammation chronique détruisant l’élastine des parois alvéolaires périphériques. | Fumeurs réguliers à partir de 30-40 ans. Souvent associé à un début d’emphysème centrolobulaire. |
| Facteur morphologique constitutionnel (Blebs) | Traction mécanique accrue aux apex due à une cage thoracique haute et étroite. | Jeunes adultes minces et de grande taille (sujets longilignes), non-fumeurs ou petits fumeurs. |
| Exposition professionnelle (Poussières, fumées) | Inhalation répétée de microparticules toxiques irritant la plèvre apicale. | Travailleurs du bâtiment, soudure, mines ou industrie chimique sans masque adapté. |
| Séquelles d’infections anciennes (Tuberculose, etc.) | Cicatrices fibreuses rétractiles créant des zones d’emphysème cicatriciel local. | Patients ayant des antécédents d’infections pulmonaires sévères guéries. |
Chez les personnes jeunes sans antécédent de tabac, la formation de petites bulles sous-pleurales (appelées blebs) est souvent favorisée par la morphologie longiligne qui étire les sommets du poumon lors de la croissance à l’adolescence.
L’explication d’un médecin pneumologue
« Trouver un emphysème paraseptal débutant sur un scanner n’est pas une condamnation ! Ce n’est ni un cancer ni une tumeur. Dans la majorité des cas, les bulles sont de petite taille et n’empêchent pas de respirer normalement. Le message clé pour le patient est très clair : c’est un signal d’alarme de votre poumon pour arrêter définitivement le tabac avant que les lésions ne s’étendent. »
Quelle est la complication principale : le risque de pneumothorax spontané ?
La conséquence clinique majeure de l’emphysème paraseptal est la fragilisation de la frontière étanche entre le poumon et la cavité thoracique.
Les bulles d’air situées sous la plèvre ont des parois très fines. Sous l’effet d’un effort physique, d’une quinte de toux violente, d’un changement de pression atmosphérique (voyage en avion, plongée) ou spontanément au repos, une bulle peut se rompre. L’air contenu dans le poumon s’échappe alors brutalement dans l’espace pleural : c’est le pneumothorax spontané primaire. Il se manifeste par une douleur thoracique aiguë en coup de poignard d’un seul côté, un essoufflement soudain et une toux sèche irritative, nécessitant une prise en charge médicale pour évacuer l’air ou poser un drain thoracique.

Quels examens médicaux réaliser pour évaluer sa capacité pulmonaire ?
La découverte fortuite d’un emphysème paraseptal lors d’un scanner prescrit pour un autre motif conduit généralement le médecin traitant à orienter le patient vers un spécialiste du souffle.
Le pneumologue réalise une Exploration Fonctionnelle Respiratoire (EFR) avec spirométrie. Cet examen indolore consiste à souffler dans un embout pour mesurer les volumes d’air mobilisables et le débit expiratoire de pointe (VEMS). Si l’emphysème paraseptal est isolé, l’EFR est généralement tout à fait normale. Si l’examen révèle un trouble ventilatoire obstructif (TVO), un traitement inhalé bronchodilatateur pourra être instauré pour soulager l’essoufflement à l’effort.
Quelles mesures de prévention adopter pour protéger ses poumons ?
Une fois les cloisons alvéolaires détruites, le tissu pulmonaire ne peut pas se régénérer à l’identique. La stratégie repose donc entièrement sur la préservation du capital restant.
Le sevrage tabagique complet et immédiat (cigarette traditionnelle, tabac chauffé, cigares, chicha et cannabis) est l’unique mesure prouvée pour stopper net la progression de l’emphysème. Faites-vous vacciner chaque année contre la grippe saisonnière et contre le pneumocoque pour éviter les surinfections bronchiques qui détériorent le tissu pulmonaire. Enfin, la pratique d’une activité physique d’endurance régulière (marche rapide, natation, vélo) entretient les muscles respiratoires et optimise l’oxygénation générale de l’organisme.
Foire Aux Questions (FAQ)
🫁 L’emphysème paraseptal peut-il se transformer en cancer du poumon ?
L’emphysème en lui-même n’est pas une lésion précancéreuse. Cependant, le principal facteur de risque de l’emphysème étant le tabagisme, les fumeurs porteurs d’emphysème partagent un risque statistique plus élevé de développer un nodule ou un cancer bronchique. C’est pourquoi un suivi par scanner basse dose est souvent recommandé chez les fumeurs de plus de 50 ans.
✈️ Peut-on prendre l’avion ou faire de la plongée avec un emphysème apical ?
Prendre l’avion en cabine pressurisée ne pose aucun problème pour un emphysème paraseptal asymptomatique sans bulle géante. En revanche, la plongée sous-marine avec bouteilles est formellement contre-indiquée en raison des variations rapides de pression qui risquent de faire éclater les bulles sous-pleurales et de provoquer un pneumothorax compressif sous l’eau.
⏱️ Les bulles d’emphysème peuvent-elles disparaître avec des médicaments ?
Non. Les lésions d’emphysème correspondent à une destruction anatomique irréversible des alvéoles. Aucun médicament ne peut faire repousser les cloisons détruites. En revanche, les traitements inhalés permettent de soulager les symptômes éventuels et l’arrêt du tabac empêche l’apparition de nouvelles bulles.









