L’Assurance maladie rembourse une grande partie de nos soins, mais pas tous. Entre le ticket modérateur, les participations forfaitaires, le forfait hospitalier et les dépassements d’honoraires, la facture finale peut vite grimper. C’est là qu’intervient la complémentaire santé, souvent appelée « mutuelle ». Cet article détaille ce que la Sécurité sociale ne prend pas en charge, qui a vraiment besoin d’une complémentaire, les types de contrats existants et la méthode pour choisir.
Quels sont les points clés à connaître sur la complémentaire santé ?
- L’Assurance maladie ne rembourse jamais 100 % des frais : chez le médecin généraliste, il reste en général 11 € à payer pour une consultation à 30 €, entre ticket modérateur et participation forfaitaire.
- Lors d’une hospitalisation, le forfait hospitalier s’élève à 23 € par jour depuis le 1er mars 2026 et n’est pas remboursé par la Sécurité sociale.
- La complémentaire santé n’est pas obligatoire pour les particuliers, mais elle l’est pour les salariés via la mutuelle d’entreprise, sauf cas de dispense.
- Les contrats se distinguent par leur niveau de garanties : le bon choix dépend de vos besoins en dentaire, optique, hospitalisation et soins courants.
Que rembourse l’Assurance maladie, et que reste-t-il à votre charge ?
L’Assurance maladie rembourse un pourcentage d’un tarif de référence appelé base de remboursement. La part qui n’est pas remboursée s’appelle le ticket modérateur. S’y ajoutent des sommes forfaitaires qui restent à la charge de l’assuré. Quelques exemples concrets :
| Situation | Ce qui reste à votre charge (hors complémentaire) |
|---|---|
| Consultation chez le médecin généraliste (30 €, dans le parcours de soins) | 9 € de ticket modérateur + 2 € de participation forfaitaire, soit 11 € |
| Consultation hors parcours de soins coordonnés | Ticket modérateur majoré, que les contrats responsables ne remboursent pas |
| Hospitalisation | Ticket modérateur de 20 % sur les frais de séjour, forfait hospitalier de 23 € par jour (17 € en psychiatrie) |
| Acte médical lourd (à partir de 120 €) | Participation forfaitaire de 32 € à la place du ticket modérateur |
| Chambre particulière, dépassements d’honoraires | Non remboursés par l’Assurance maladie |
| Dentaire, optique, aides auditives | Le remboursement porte sur une base souvent inférieure aux prix réellement pratiqués |
| Ostéopathie, psychologue, autres médecines douces | En général non remboursés par l’Assurance maladie |
Exemple : lors d’une hospitalisation de 5 jours, le seul forfait hospitalier représente 115 € (5 × 23 €), avant même une éventuelle chambre particulière ou un dépassement d’honoraires.
En résumé : le « petit » reste à charge de chaque consultation paraît faible, mais il s’additionne. En cas d’hospitalisation, de soins dentaires ou d’équipement optique, il peut devenir important.

Faut-il opter pour une complémentaire santé ?
Il n’existe pas d’obligation légale pour un particulier de souscrire une complémentaire santé. Pour la plupart des assurés, il est pourtant plus prudent d’opter pour une complémentaire santé adaptée à ses besoins : sans elle, tout le reste à charge est payé de sa poche, et un seul épisode coûteux (hospitalisation, prothèse dentaire, lunettes) peut peser lourd sur le budget.
La situation varie selon votre profil :
- Salariés : l’employeur doit proposer une mutuelle collective et financer au moins la moitié de la cotisation. L’adhésion est obligatoire, sauf cas de dispense prévus par la loi.
- Travailleurs indépendants : aucune mutuelle d’entreprise, il faut souscrire un contrat individuel.
- Retraités : la mutuelle d’entreprise ne suit pas toujours après le départ en retraite, d’où la nécessité de choisir un contrat individuel, souvent avec des besoins plus élevés (hospitalisation, optique, audiologie).
- Étudiants et jeunes actifs : possibilité d’être rattaché au contrat des parents ou de souscrire un contrat individuel.
- Personnes à faibles ressources : la complémentaire santé solidaire (C2S) peut offrir une couverture gratuite ou avec une participation modeste, sous conditions de ressources.
À retenir : sans complémentaire, c’est vous qui assumez les dépenses imprévues. Vérifiez d’abord si vous avez déjà droit à une couverture (employeur, parents, C2S) avant de souscrire un contrat individuel.
Quels sont les différents types de complémentaire santé ?
Deux distinctions principales permettent de s’y retrouver.
Contrat individuel ou contrat collectif ?
Le contrat individuel est souscrit à titre personnel, pour vous et votre famille. Le contrat collectif est proposé par l’employeur à tous les salariés ou à une catégorie d’entre eux. Il est obligatoire pour les salariés concernés et partiellement financé par l’entreprise.
Qu’est-ce qu’un contrat responsable ?
La grande majorité des contrats sont dits responsables : ils respectent un cahier des charges fixé par la loi. Ils doivent notamment rembourser le ticket modérateur sur la plupart des soins et proposer les équipements du 100 % Santé (optique, dentaire, audiologie) sans reste à charge. En contrepartie, ils ne remboursent ni les majorations appliquées aux consultations hors parcours de soins, ni les participations forfaitaires et franchises.
Quel niveau de garanties choisir ?
Les assureurs proposent des formules gradées, aux noms variables d’un assureur à l’autre. De façon générale :
| Niveau de garanties | Profil adapté | Point d’attention |
|---|---|---|
| Basique | Personne en bonne santé, peu de besoins en optique et en dentaire | Reste à charge élevé en cas de soins coûteux |
| Intermédiaire | Adulte ou famille avec des besoins courants | Vérifier les plafonds en dentaire et en optique |
| Renforcé | Famille, port de lunettes, soins dentaires prévus | Cotisation plus élevée |
| Premium | Besoins importants : hospitalisation en chambre particulière, aides auditives, dépassements d’honoraires | Cotisation la plus élevée, à justifier par vos besoins réels |
En résumé : la quasi-totalité des contrats sont responsables, donc le vrai critère de choix est le niveau de remboursement sur les postes qui vous concernent.

Comment choisir sa complémentaire santé en 5 étapes ?
- Faites le point sur vos dépenses de santé des deux dernières années : dentiste, opticien, spécialistes, ostéopathe.
- Repérez les postes prioritaires : hospitalisation, dentaire, optique, audiologie, médecines douces.
- Comparez les garanties poste par poste, en pourcentage de la base de remboursement ou en euros, plutôt que de regarder le seul prix.
- Vérifiez les délais de carence et les plafonds annuels dans le tableau de garanties.
- Calculez le coût annuel total et comparez-le au reste à charge que vous supporteriez sans la garantie concernée.
Les cotisations évoluent chaque année (les cabinets d’actuariat anticipent +4 % à +10 % en 2027), ce qui justifie de réexaminer son contrat régulièrement. Après un an de contrat individuel, la résiliation est possible à tout moment.
Quelles erreurs éviter quand on choisit une complémentaire santé ?
- Choisir la formule la moins chère sans vérifier les remboursements en dentaire, optique et hospitalisation.
- Prendre une formule haut de gamme alors que vos dépenses de santé sont faibles.
- Négliger les plafonds annuels et les délais de carence.
- Oublier de vérifier si le conjoint ou l’employeur propose déjà une couverture, ce qui évite de payer deux fois.
- Ne jamais remettre son contrat en question alors que sa situation familiale ou ses besoins ont changé.
À retenir : une bonne complémentaire est un contrat que l’on réexamine quand la vie change (naissance, retraite, nouveaux soins).
Foire aux questions : complémentaire santé
La complémentaire santé est-elle obligatoire ?
Pas pour les particuliers. Elle l’est en revanche pour les salariés couverts par une mutuelle d’entreprise collective, sauf cas de dispense prévus par la loi.
Peut-on se passer d’une complémentaire santé ?
Oui, mais vous assumez alors seul tout le reste à charge : ticket modérateur, forfait hospitalier de 23 € par jour, dépassements d’honoraires, dentaire et optique au-delà de la base de remboursement. Ce choix peut devenir coûteux en cas d’hospitalisation ou de soins importants.
Que veut dire « contrat responsable » ?
Un contrat responsable respecte un cahier des charges légal : il rembourse le ticket modérateur sur la plupart des soins, inclut le 100 % Santé et ne prend pas en charge les majorations liées au non-respect du parcours de soins. C’est le type de contrat le plus courant.
Qu’est-ce que le forfait hospitalier ?
C’est la participation du patient aux frais d’hébergement lors d’une hospitalisation. Il est de 23 € par jour depuis le 1er mars 2026 (17 € en psychiatrie). Il n’est pas remboursé par l’Assurance maladie, mais les complémentaires santé le prennent en charge dans les contrats responsables.
Qu’est-ce que la complémentaire santé solidaire (C2S) ?
C’est une aide qui permet aux personnes à faibles ressources de bénéficier d’une complémentaire santé gratuite ou avec une participation financière modeste. Elle est accordée sous conditions de ressources.
Comment savoir quel niveau de garanties choisir ?
Partez de vos dépenses de santé réelles et de vos besoins prévisibles (soins dentaires, lunettes, hospitalisation). Plus vos besoins sont importants sur un poste, plus il faut viser un niveau de remboursement élevé sur ce poste précis.
La complémentaire santé n’est pas une dépense inutile : elle absorbe les frais que l’Assurance maladie laisse à votre charge. Le bon réflexe est de partir de vos besoins, de comparer les garanties poste par poste et de réévaluer votre contrat à chaque changement de situation.
Sources et documentation
- Ticket modérateur, participations forfaitaires et forfait de 32 € – La finance pour tous, « Assurance maladie : ce qui reste à votre charge »
- Forfait hospitalier à 23 € depuis le 1er mars 2026 – Selectra, « Frais hospitaliers non remboursés »
- Décomposition d’une dépense de santé, remboursements et restes à charge – DREES (ministère de la Santé)
- Prévisions de hausse des cotisations 2027 – baromètre Addactis (21 septembre 2026), relayé par Boursorama









