La mention « fémorales perçues » dans le carnet de santé d’un bébé signifie que le médecin a bien senti le pouls de l’artère fémorale, à l’aine, de chaque côté : c’est le résultat normal, qui indique que le sang circule bien du cœur vers les jambes. Si le pouls est difficile à sentir, le pédiatre complète par une prise de tension aux quatre membres et une échographie cardiaque pour écarter une anomalie de l’aorte. Chez l’adulte, sentir sa fémorale battre est le plus souvent physiologique, surtout chez les personnes minces ou enceintes. Une masse qui bat, douloureuse ou apparue récemment justifie en revanche un avis médical.
Infos à retenir
- 💓 Un pouls central de référence : l’artère fémorale est l’un des plus gros vaisseaux du corps, directement relié à l’aorte abdominale.
- 📉 Témoin d’une pression artérielle minimale : percevoir la fémorale indique généralement une tension systolique d’au moins 60 à 70 mmHg.
- 🚨 Décisif dans les états de choc graves : quand le corps coupe la circulation vers les mains pour protéger le cerveau, la fémorale reste palpable.
- 📍 Localisé au tiers moyen du pli de l’aine : pile à mi-chemin entre l’épine iliaque antéro-supérieure et la symphyse pubienne.
Où se situe l’artère fémorale et comment les soignants la palpent-ils ?
La recherche du pouls fémoral répond à des repères topographiques précis qui ne laissent pas de place au hasard lors d’une réanimation :
L’artère fémorale commune prend la suite de l’artère iliaque externe lorsqu’elle franchit l’arcade crurale pour descendre vers la cuisse. Elle se trouve dans une loge anatomique bien délimitée appelée le triangle fémoral (anciennement trigone de Scarpa).
Pour la localiser immédiatement sur un patient allongé sur le dos, le soignant trace une ligne imaginaire entre l’épine iliaque antéro-supérieure (la pointe osseuse du bassin sur le côté) et la symphyse pubienne (l’os du pubis au centre). Le point de battement maximal se situe exactement à la moitié de cette ligne, dans le pli de flexion de l’aine. Le praticien y applique la pulpe de deux ou trois doigts (l’index, le majeur et l’annulaire) en exerçant une pression modérée vers le plan osseux sous-jacent :
- Une fémorale bien perçue et bondissante traduit un débit cardiaque vigoureux avec un volume d’éjection systolique conservé.
- Une fémorale filante ou difficilement perceptible signale une hypovolémie sévère (hémorragie interne, déshydratation aiguë) ou un collapsus cardiovasculaire.
- Une absence totale de fémorale chez un individu aréactif impose d’entamer immédiatement les manœuvres de réanimation cardio-pulmonaire (MCE).
Ce geste simple fournit en moins de cinq secondes un état des lieux circulatoire sans nécessiter le branchement du moindre appareil électronique.

Pouls radial, fémoral ou carotidien : tableau d’estimation de la pression artérielle systolique
En situation d’urgence préhospitalière avant la pose d’un tensiomètre, la présence des différents pouls renseigne sur la pression artérielle systolique (PAS) estimée :
| Artère palpée lors du bilan d’urgence | Type de pouls et accessibilité clinique | Pression artérielle systolique minimale estimée |
|---|---|---|
| Pouls radial (Au niveau du poignet) | Pouls périphérique le plus accessible chez le patient vigile. | Indique une PAS supérieure à 80 mmHg (environ 8 de tension). En dessous, il disparaît par vasoconstriction. |
| Pouls fémoral (Au pli de l’aine) | Pouls central majeur, insensible aux baisses thermiques distales. | Indique une PAS minimale de 60 à 70 mmHg. Présent même lors d’un état de choc hémorragique avancé. |
| Pouls carotidien (Au niveau du cou) | Pouls central ultime vascularisant le cerveau. | Indique une PAS minimale de 50 à 60 mmHg. Dernier pouls à disparaître avant l’arrêt cardiaque complet. |
| Pouls pédieux (Sur le dos du pied) | Pouls périphérique distal des membres inférieurs. | Disparaît très vite dès que la tension chute sous 90 mmHg ou en cas d’artérite oblitérante des jambes. |
Cette échelle clinique démontre pourquoi l’annonce d’une fémorale perçue rassure l’équipe : elle confirme que le cœur génère encore assez de pression pour irriguer les organes abdominaux nobles et les viscères.
L’éclairage d’un médecin anesthésiste-réanimateur
« Pendant un massage cardiaque, entendre le médecin au pli de l’aine crier fémorale perçue sous le massage est la meilleure nouvelle possible. Cela signifie que les compressions thoraciques sont parfaitement efficaces et qu’elles envoient une onde de sang pulsatile jusqu’au bas du corps. Si la fémorale devient perçue spontanément pendant une pause du massage, c’est le signe d’une reprise d’activité circulatoire autonome. »

Pourquoi la fémorale reste-t-elle présente quand le pouls au poignet disparaît ?
Cette différence mécanique s’explique par un réflexe de survie ancestral de notre système cardiovasculaire :
Face à une perte de sang brutale (traumatisme de la route, hémorragie de la délivrance) ou un choc septique, l’organisme active le système nerveux sympathique : il libère massivement de l’adrénaline et de la noradrénaline. Ces hormones déclenchent une vasoconstriction périphérique extrême : les petites artères des bras, des avant-bras et des jambes se contractent violemment pour couper le flux sanguin vers les extrémités non vitales.
Le sang est alors réorienté en priorité vers le circuit central : le cerveau, le myocarde et l’aorte abdominale. Dans cette configuration, les mains deviennent froides, blanches et moites, et le pouls radial s’éteint complètement au poignet. En revanche, l’artère fémorale, dotée d’un calibre large de près d’un centimètre, continue de recevoir le flux sanguin axial éjecté par le ventricule gauche, restant accessible au toucher de l’urgentiste.
Les autres utilisations médicales de l’artère fémorale à l’hôpital
L’artère fémorale ne sert pas uniquement de thermomètre circulatoire au toucher :
En raison de son gros diamètre et de sa fixité sous l’arcade, elle constitue une voie d’accès royale pour les gestes invasifs d’urgence. C’est dans l’artère fémorale que les réanimateurs posent un cathéter artériel fémoral pour mesurer la pression artérielle en temps réel battement par battement lors des interventions chirurgicales lourdes.
Elle est également la voie d’entrée privilégiée pour la ponction de gaz du sang artériel lorsque les artères radiales sont impalpables, ainsi que pour les radiologues et cardiologues interventionnels qui y introduisent des guides métalliques souples pour remonter jusqu’au cœur pour poser des stents coronaires ou emboliser une hémorragie pelvienne active.
Foire Aux Questions (FAQ)
🩸 Que signifie « pouls fémoral asymétrique » lors d’un bilan d’urgence ?
Si la fémorale est très bien perçue d’un côté mais absente ou très faible de l’autre, cela oriente vers une dissection aiguë de l’aorte abdominale (l’aorte s’est déchirée et bouche l’une des artères iliaques) ou une ischémie aiguë par embolie bloquant le membre inférieur concerné.
🩹 Pourquoi comprime-t-on longuement le pli de l’aine après une ponction fémorale ?
L’artère fémorale est un vaisseau à très haut débit sous forte pression ; après le retrait d’une aiguille ou d’un introducteur de cathétérisme, le soignant doit maintenir un pansement compressif manuel pendant au moins 15 à 20 minutes pour éviter la formation d’un hématome géant ou d’un faux anévrisme.
👶 Comment prend-on le pouls fémoral chez le nourrisson ?
Chez le bébé de moins d’un an dont le cou est court et potelé, la carotide est très difficile à palper : le pouls fémoral et le pouls brachial (au pli du coude) sont les deux seuls pouls de référence recommandés par les pédiatres pour diagnostiquer un arrêt circulatoire.









